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BTP : vers une reprise de 7 à 9 % en France et en Allemagne d'ici 2026

Selon l'étude "Futur de la construction" menée par Simon-Kucher auprès de 727 professionnels du BTP au premier semestre 2026, le secteur anticipe un rebond de 7 à 9 % de son activité en France. En Allemagne, l'ordre de grandeur avoisine les 7 %.

BTP : vers une reprise de 7 à 9 % en France et en Allemagne d'ici 2026

Des perspectives encourageantes, mais qui reposent sur des mécaniques différentes selon les frontières, avec une donne française où la rénovation prend une part prépondérante.

Une reprise attendue, portée par la rénovation en France

Le sondage, qui couvre promoteurs, architectes, bureaux d'études et entreprises de construction, livre une anticipation clé: la reprise française serait portée principalement par la rénovation et la réhabilitation du parc existant. L'étude précise que ces opérations représenteraient 45 % des projets des répondants, contre 37 % pour la construction neuve. Ce constat n'a rien d'étonnant. Le neuf reste confronté à des coûts de production élevés, un accès au financement plus complexe et une demande solvable limitée. L'amélioration de l'existant constitue un gisement d'activité plus immédiat. Les données publiques confirment un redressement timide du neuf, avec 370 673 logements autorisés entre août 2025 et juillet 2026, mais la dynamique est ailleurs.

Des trajectoires nationales qui divergent

L'écart de moteur est le point le plus révélateur de cette étude. Là où la France mise sur son stock immobilier vieillissant, l'Allemagne anticipe une croissance davantage ancrée dans la relance de la construction neuve et les investissements publics. Pour un chef de chantier ou un maître d'ouvrage, cette information est fondamentale. Elle conditionne les disponibilités des artisans, la pression sur les matériaux et les délais. En France, prioriser des chantiers de rénovation structurelle (isolation, réfection de toiture, mise aux normes) revient à s'insérer dans le flux porteur du marché. En Allemagne, la priorité peut être donnée aux projets neufs, notamment les logements collectifs ou les équipements publics.

Ce que cela change concrètement sur vos chantiers

Cette anticipation d'une croissance axée sur la rénovation entraîne des conséquences pratiques. Premièrement, la compétition pour les corps d'état qualifiés en rénovation (maçons spécialisés rénovation, chauffagistes, plombiers) va s'intensifier. Il faut verrouiller les disponibilités et les contrats à l'avance. Deuxièmement, les prix des matériaux courants en rénovation — isolants, menuiseries, éléments de toiture — resteront sous tension. Un devis bas cache souvent un risque de rupture ou de substitution. Troisièmement, la réglementation évolue vite sur l'existant (DPE, décret tertiaire). Une erreur de diagnostic initial peut mener à un surcoût de 30 % en phase travaux. Il faut donc commencer par un audit technique précis, pas par un coup de téléphone au premier artisan venu.

L'enquête Simon-Kucher trace une tendance, pas un acquis. La condition reste l'évolution des coûts et des taux. Pour vos projets, la position est claire: sur la rénovation en France, les dossiers bien préparés et les équipes calées sur les normes actuelles auront l'avantage. Ne vous laissez pas bercer par les chiffres de reprise générale. Concentrez-vous sur le marché spécifique qui vous concerne, et sécurisez chaque étape technique. La reprise, quand elle sera là, profitera d'abord à ceux qui ont fait leur travail de fond.