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Rénovation énergétique : les nouvelles règles de financement dès la rentrée

D'après l'analyse publiée par Hellio et relayée par Batiweb, la politique française de rénovation énergétique entre dans une nouvelle phase dès le 1er septembre.

Rénovation énergétique : les nouvelles règles de financement dès la rentrée

Pour nous qui travaillons sur l'enveloppe et le confort des maisons, ce basculement va peser directement sur le choix des équipements, sur la lecture du DPE et, au bout du compte, sur le montant des aides qu'un chantier peut mobiliser.

Ce qui change concrètement pour un projet de rénovation

Premier point qui touche le terrain: les rénovations d'ampleur en maison individuelle ne seront plus financées par MaPrimeRénov' si elles conservent un chauffage au gaz après travaux. Hellio évoque une « transformation profonde de la politique de rénovation énergétique », et c'est bien ce que nous constatons dans les devis que nous passons au crible: la pression se déplace vers le remplacement des équipements qui reposent encore sur des énergies fossiles.

Pour rester éligible à l'aide dans le cadre d'une rénovation globale, le logement devra être classé E, F ou G au DPE avant travaux et avoir été construit depuis au moins quinze ans. En parallèle, certains gestes unitaires quittent MaPrimeRénov' pour basculer vers les CEE, que le conseiller présente comme « le moteur de l'électrification ». Les chauffe-eau thermodynamiques, les chauffe-eau solaires et les systèmes solaires combinés profitent aussi de bonifications renforcées — un signal qui valorise les solutions capables de travailler avec la matière et l'inertie du bâti plutôt que contre elles.

Le DPE change d'échelle en janvier 2027

Le second volet concerne le diagnostic lui-même. Un décret publié au Journal officiel le 26 août abaisse le facteur de conversion de l'électricité de 1,9 à 1,7 à compter de janvier 2027. Concrètement, la pénalité qui frappait les logements chauffés à l'électricité — leur consommation était multipliée par près de deux pour évaluer leur performance — s'allège. Pour nous, cela signifie qu'un même chantier, bien isolé et équipé d'une PAC ou d'un système électrique performant, pourra gagner quelques lettres au DPE et ouvrir de nouveaux droits d'aide.

Selon le décret, la mesure doit se traduire par une « réduction de 14 % du nombre de passoires dans le parc locatif privé, soit 125 000 logements ». Côté résidences principales, la baisse serait « d'environ 10 %, soit environ 300 000 logements ». La FIEEC y voit une façon de « corriger l'inégalité de traitement de l'électricité, seule énergie pénalisée par un tel coefficient ».

Trois vérifications à faire avant de lancer un dossier

Les arbitrages précis autour du plan gouvernemental annoncé en avril par Sébastien Lecornu se font encore attendre. En attendant, nous vous proposons de contrôler trois points avant tout dépôt de dossier: la classe DPE du logement avant travaux, son ancienneté (quinze ans minimum) et le mode de chauffage prévu à l'issue du chantier. Comme le résume Pierre-Marie Perrin, directeur des affaires publiques chez Hellio, les politiques de maîtrise de l'énergie doivent rester le socle de la transition, l'électrification venant les compléter et les renforcer — un ordre des priorités que nous gardons en tête à chaque fois que nous ouvrons un placo sur une paroi mal isolée.